« LA ROSE ETERNELLE

OU LA REVANCHE DE LA ROSE »

 

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Bretonnie,
Ouest de Parravon,
Village fortifié sur les terres du Marquis de Paray - le - Monial,

Un jeune paysan arrive au galop, en pleurs, effondré. Son village vient d’être mis à sac, pillé par une troupe de mercenaires. Tous ceux qui ont tenté de résister ont été impitoyablement massacrés. Le jeune paysan travaillait en dehors du village et fut témoin de la scène au loin. Il a accouru prévenir les villageois. Une partie des pillards non rassasiés se dirige actuellement vers le village. C’est la panique totale, les villageois s’encourent chercher ceux qui travaillent aux champs, prennent le minimum nécessaire et vont se réfugier profondément dans la forêt, qui pourtant a très mauvaise réputation. Au milieu de la rue centrale, qui traverse le village d’un bout à l’autre, un petit groupe de villageois piteusement armés s’entretient de la conduite à tenir. Un personnage imposant se détache du petit groupe. C’est le chef du village.
Il propose aux PJ de les payer de leurs maigres économies et aussi en nature si ceux-ci acceptent de rester avec eux pour défendre le village. Les promesses, la détresse et la détermination des paysans devrait suffire à les persuader, à moins que ce ne soit le temps qui décide pour eux.
Il y a deux autres voyageurs dans le village : un dandy, le Chevalier Francis Bellange, qui a assisté à la même scène que les PJ, et un homme arrivé dans la nuit, qui n’est pas sorti de sa chambre depuis.

Ce dernier est un répurgateur réputé, adorateur de Solkan, dans la plus pure tradition. Dans sa chambre, tout est rangé de manière rectiligne à angle droit. Le lit est placé en face de la porte, au centre de la chambre, entouré d’un cercle blanc et de formules tracées à la cire. Les volets sont fermés, un immense cierge blanc éclaire la scène. Le répurgateur est assis en tailleur sur son lit, vêtu d’une armure de plate rutilante. Sur ses genoux repose une longue épée la garde en ivoire et la lame à nue. Face à lui, sur le lit, une bannière blanche ornementée d’une flèche unique dorée, sur laquelle repose un grimoire entrouvert.
Quand les PJ y arrivent, il joue de la flûte traversière, d’une ballade magnifique et d’une tristesse absolue. Si les PJ entrent dans la pièce, il cesse de jouer et fixe les intrus d’un regard terrible, exorbité, rouge de sommeil, d’un iris bleu pâle presque aveugle, troué de pupilles intenses, surplombant les cernes les plus noires que les  PJ n’aient jamais vu de leur vie. Son visage parcheminé est recouvert de cicatrices, encadré de cheveux gris mi-long. Il referme le grimoire. Un œil entraîné aura pu voir le visage d’une femme sur une page, sur l’autre, une fleur séchée. Il range sa flûte dans son étui. « Je viens ! » sont ses uniques mots. C’est un homme mur sans âge, de taille moyenne, vif comme un serpent et dur comme l’acier.

Si les PJ viennent à bout des mercenaires, ils seront sans doute grisés et tentés par le répurgateur de venger le village pillé (l’autre).
Les paysans leur expliquent qu’une loi ancestrale non appliquée jusqu’alors et datant des fondations du Royaume de Bretonnie appelée « droit des gens » permet aux seigneurs en temps de guerre, de payer leurs soldats et mercenaires, lorsqu’ils n’ont plus assez d’argent, en leur laissant le droit de faire main basse sur quelques uns des villages de leur choix. Le marquis de Paray - le – Monial, seigneur des lieux ayant disparu, le pays a étrangement sombré dans les ténèbres. Les récoltes dépérissent, endettant les gens de ces terres, beaucoup d’enfants naissent difformes et anormaux. D’étranges hurlements déchirent la nuit. Seuls ceux qui ne pouvaient pas partir sont restés.
La jeune marquise Aureliana d’Estella, seule contre tous, d’origine estalienne, n’a pu compter sur le soutient de la famille de son mari, tous les membres de la famille ayant mystérieusement disparu. Elle est accusée de sorcellerie, d’avoir tué son mari et plongé les terres dans le chaos.
Il a fallu qu’elle s’occupe aussi de la naissance de sa fille Gabrielle, dont elle est tombée enceinte, il y a cinq ans, une engeance du démon ?
Un très puissant voisin de Parravon, François duc de Guise, de la branche de la maison de Gisoreux, lui a proposé son aide et l’appui de la noblesse décadente de la citée. Après maintes refus, elle a dû se résigner à accepter vu le désastre de sa situation. En guise d’aide, les soldats envoyés sur le domaine pour ramener l’ordre, protéger la population et enrayer le chaos, se comportent comme de véritables pilleurs, avec la bénédiction des puissants de Parravon. Pour les paysans, le remède est bien pire que le mal. Même si les nobles de la citée soutiennent le contraire, le pays à véritablement sombré dans le chaos depuis.
Après un tel récit, le dandys décide de décliner sa véritable identité. Il est le seigneur de ces lieux, Léopold VI Marquis de Paray - le - Monial, de retour d’un long exile de cinq années. Maintenant qu’il le dit, les paysans le reconnaissent enfin. Il invite alors les PJ à venir l’aider à se débarrasser des pillards du premier village.
Là-bas, les pilleurs se sont rendus maître des lieux et sont ivres morts. Des vieillards criblés de coups regardent mourir leurs femmes égorgées, tenant leurs enfants à leur seins sanglants ; là des filles éventrées, après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendent l’âme, d’autres agonisent suppliant qu’on achève de leur donner la mort…
Cette affaire terminée, le marquis invite les PJ à prendre un repos bien mérité dans son château de la Touche – Tréby, d’ailleurs il s’en revient chez lui cousu d’or, ce dont profiterons les PJ, il le promet.
Les gens  du duc de Guise et autres nobles de sa cour ont carrément investi les appartements. Le marquis de Paray s’empressera de les mettre dehors avec l’aide des PJ. Ils n’opposeront qu’une faible résistance, ne s’attendant pas à être éconduits de la sorte. Se croyant chez eux, ils prendront tout d’abord le groupe pour des vassaux de Parravon à leur service.
La marquise Aureliana d’Estella, d’une surprenante beauté estalienne brune, ne reconnaît pas tout d’abord son mari, pas plus que son chien d’ailleurs (un grand fox terrier). Mais les serviteurs proches de la famille du marquis, qui sont restés, le reconnaisse dès qu’il se découvre (même s’il a un peu changé, il s’est affiné et renforci). Si les habitants du château se montrent très chaleureux à l’encontre des nouveaux arrivants, la marquis reste distante d’une froideur excessive et méfiante, elle ne semble pas heureuse du retour de son mari, elle laisse même apparaître des signes de peur.
Elle ne laissera jamais sa fille seule en présence des PJ ou du marquis. D’ailleurs, elle ne l’accueillera ni dans sa chambre, ni dans son lit. Sa jeune fille quant à elle semble fascinée par le répurgateur qui reste très mystérieux.
La même nuit, la belle est agressée par un monstre mi-mort, mi-vivant, un géant complètement difforme et tentaculaire. Elle dira qu’il lui est apparu sous les traits du marquis pour la séduire, elle s’est laissée convaincre, mais alors qu’il la déshabillait, il a touché son pendentif (un symbole religieux) et s’est subitement transformé, révélant sa nature véritable, dans toute sa laideur. Le marquis le premier sur les lieux se comporte en héros pour mettre en déroute le monstre qui saute par la fenêtre. Il est par contre très gravement blessé et se montre très sentimental avec sa dulcinée (il lui présente la rose éternelle qu’elle lui a donné à son départ, il y a cinq ans, elle est toujours aussi fraîche,  préservée d’une manière extraordinaire) qui profondément troublée se radoucit envers son mari et les PJ, au comble de l’épuisement, elle s’en remet totalement à eux. La marquise Aureliana va s’occuper avec tendresse de son mari blessé, en restant en permanence à son chevet. Les PJ tiennent alors des serviteurs de longue date de la famille que les conjoints ne se sont jamais aussi bien entendu. Il faut dire qu’avant, le marquis se comportait de manière très brutale envers ses sujet et sa femme. Il est déjà arrivée même qu’il la batte jusqu’au sang. Il semblerait donc que son emprisonnement et que la vie de galère l’aient rendu meilleur.

La venue inopinée de l’inquisition sur ces terres va semer le trouble, car une affaire d’un terrible retentissement secoue le pays. Des jeunes filles ont été surprises lors d’un rituel de sorcellerie. La peur pousse certaines à feindre d’être possédées, d’avoir été contraintes contre leur volonté. La superstition de leur auditoire les mène à un numéro impressionnant d’hystérie collective. Les gens les croient. Elles vont utiliser ce pouvoir pour dénoncer tour à tour d’innocentes victimes, puisque leur public en désir toujours plus. Ce qui était au début un échappatoire devient une arme terrible entre leurs mains. Elles sont menées par une jeune femme charismatique et machiavélique, Isabelle Voisin, folle éprise du marquis. Quand elle était plus jeune, il la prise de force et lui a fait miroiter maintes merveilles. Elle est terriblement jalouse de la marquise et l’accuse de sorcellerie, de voir le démon auprès d’elle, etc. Mais les démons sont véritablement là, invisibles, envenimant la situation, se délectant de leur heure à venir.
L’inquisition appuyée par un mandat du roi, demande à la marquise de se plier à leur enquête et de se rendre à leur justice, ce qu’elle fait.
Le marquis quant à lui tombe gravement malade des suites de ses blessures, sans doute empoisonnées. Sa fille Gabrielle souffre aussi d’un mal invisible, victime de fièvres et d’hallucinations.
Le puissant noble de Parravon en question s’est joint au tribunal de l’inquisition en tant que représentant du roi (sa haute fonction à Parravon lui donne ce droit, il a l’approbation et la bénédiction du Bourgmestre de la citée).
Un soir, alors que le cas du marquis, de la marquise et de leur fille semble perdu, le puissant noble de Parravon, François de Guise, vient rendre visite en secret à la marquise dans sa prison. Il se présente alors sous son vrai jour pour la première fois, et lui dévoile enfin sa victoire dans toute sa splendeur. Il est en fait le grand oncle du marquis.
Renié par sa famille pour sa décadence, il a juré de se venger, et sous une autre identité à regagner des titres de noblesses et une puissance toute nouvelle, grâce à un pacte avec un dieux sombre du chaos. Il a ensuite décidé de mêler son sang à la lignée de son frère, pour réparer la malédiction et le dénie portés sur son ancien nom. En échange il a promis à chaque fois une âme de sa famille au dieux sombre. Ainsi, s’est-il fait passer pour son frère à sa toute nouvelle femme et l’a-t-il enfantée de son sang. Son terrible forfait commis, son frère inconsolable repoussa sa compagne et par là même son enfant. Il passa le restant de sa vie à rechercher le coupable, mais en vain. Il fut pourchassé et entraîné dans les ténèbres par les démons du dieux noir venus chercher leur tribut, livré par François de Guise.
Le puissant noble de Parravon est donc le père naturel du marquis. Il a empoisonné l’âme de son fils, ce qui peut expliqué le caractère lunatique et violent de  dernier, (la bête de son père naturel sommeil en lui). Son père veut perpétuer sa lignée en mêlant définitivement son sang aux survivants de sa famille pour qu’il ne reste plus de trace de sa race qu’a travers ses entrailles, une victoire totale sur les siens.
Aussi veut-il répandre son sang à la lignée de la marquise. Si elle accepte, il la libérera elle et sa fille et les protègera pour toujours du besoin. Il promet aussi d’achever la lente  agonie du marquis dans ce monde.

Or, ce qu’il ne sait pas, c’est que le marquis est mort depuis cinq ans, lors d’un abordage au Nord de l’Arabie. Sa mère avant de mourir, lui a avoué toute la vérité sur sa naissance, sans toutefois lui dire le nom de son père naturel, puisqu’elle l’ignorait elle même. Toutefois, elle l’a orienté malgré elle sur une fausse piste vers le Sud, une manipulation machiavélique du seigneur de Parravon pour l’écarter  de sa femme Aureliana. Malheureusement, pour lui, la jeune femme était déjà enceinte, et malgré ses tentatives pour la faire avorter sans qu’elle ne le sache en empoisonnant sa nourriture, son eau, la rendant terriblement malade, (il y a donc au moins un « serpent » dans la maison), etc. l’enfant survécu miraculeusement (un descendant de la lignée, avec une part moindre du sang du seigneur que son père le marquis). En fait le terrible seigneur attend d’avoir une fille pour pouvoir ensuite consommé l’inceste et lui faire un enfant totalement à son image comme le lui ont promis les dieux sombres du chaos. Il n’ a pas pu faire d’autre enfant à la femme de son frère, puisqu’elle s’est ensuite réfugiée dans un couvent de Shallya pour y chercher le pardon et y finir ses jours. Il ambitionne donc d’enfanter la fille du marquis une fois qu’elle aura atteint l’âge de la puberté. Mais dans sa haine, il veut aussi posséder la femme de son fils et lui imposer sa propre graine. Toutefois, la jeune marquise étant une femme très forte, et ce jeu amusant beaucoup le Duc de Guise, ce dernier a essayé de l’éprouver au maximum  tout en les préservant elle et Gabrielle (sa petite fille), mais n’a pas réussit jusqu’alors à les briser. Il a alors profité du retour de son fils naturel pour aller plus en avant, et mettre un terme à l’attente, à la mise en plan de ses sinistres projets.
Or le vrai marquis est mort, mais son âme s’est réfugiée dans la rose éternelle que lui avait offert sa femme lors de son mariage en présent d’affection et d’union pour la vie. C’est une fleur immortelle qui donne amour, bonheur et prospérité à ses détenteurs, que la première jeune fille de la lignée donne à son nouveau mari… Le marquis avant de mourir à embrassé la fleur qu’il avait emmené en souvenir de sa femme ne sachant s’il allait revenir. Il avait compris que dans une parti de son être reposait la bête, le mal qu’avait introduit en lui, le monstre que devait être son vrai père. Maintenant qu’il savait que sa haine inexplicable venait de là , il se rendait compte alors qu’il aimait sa femme plus que tout. Dans son agoni, il lui demanda pardon, regrettant son absence et de ne pouvoir revenir en arrière. C’est alors que le pouvoir de la rose dont il ignorait l’existence se révéla  à lui, pour qu’il puisse rester dans ce monde, accomplir sa vengeance, et surtout protéger sa femme et sa descendance dont il ignorait encore tout.
La fleur magique est passée de main en main, de trésor en trésor, pendant cinq ans, jusqu’à ce qu’elle tombe en possession d’un corsaire bretonnien, Francis Bellange, au service de la reine, un sosie du marquis. Le fantôme s’est alors révélé à lui, et en échange des maintes richesses dont il connaissait les cachettes, il lui à fait promettre de prendre soin de sa femme et de le venger. Bien sûr si ce dernier refusait il serait à jamais hanté par le fantôme dépossédé. Quoi qu’il en soit, leurs destins seraient à jamais scellés, jusqu’à ce que le coupable soit sanctionné. Le corsaire porte en permanence la rose éternelle sur lui, dans un petit coffret en églantier noir, ce qui a trompé les sens du seigneur de Parravon quant à la véritable identité du marquis.
Or ce dernier avait promis une âme de son sang à son dieux noir du chaos, c’est à dire ici, celle de son fils, en échange de ses services. Mais celle-ci est protégée par la rose magique. Ils ne pourront donc s’en repaître, excédés, ils vont tenter de prendre celle de la fille du marquis, et cela même contre la volonté du duc de Guise. Cependant là encore l’âme de la jeune fille est protégée par une force mystérieuse, au comble de la colère, les dieux vont se jeter et dévorer celle du puissant seigneur de Parravon.
En fait le répurgateur est le père en nom du marquis, soit l’ancien marquis et le frère  François de Guise. Il a réussit à échapper aux infâmes démons qui le poursuivaient, grâce à un pacte qui le lie lui et ses ancêtres à un dieux de l’ordre oublié. Il s’en est revenu enfin sauver le sang et la lignée de sa famille.

P. S : François duc de Guise est un individu très haut placé dans la politique de la citée. Il fait partie de ceux qui ont placé le nouveau bourgmestre au pouvoir, et qui ont comploté contre les fils de la famille Duval, forçant leur père à  les désigner comme coupables d’un crime atroce commis dans une des auberges en fête de leurs terres, afin de renoncer à tout pouvoir politique sur la citée, comme il était de tradition historique dans la famille en temps de crise politique.
Une fois le duc défait, un grand nombre de ses hommes investiront le château de la Touche – Tréby, croyant en la victoire de leur maître.